{"id":46,"date":"2017-12-22T17:45:34","date_gmt":"2017-12-22T17:45:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/?page_id=46"},"modified":"2020-02-07T16:56:33","modified_gmt":"2020-02-07T16:56:33","slug":"accueil","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/fr\/accueil\/","title":{"rendered":"introduction"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019ancienne colonie fran\u00e7aise de Saint-Domingue (dans l\u2019actuelle Ha\u00efti) fut l\u2019une des colonies carib\u00e9ennes les plus brutales \u2013 et les plus lucratives \u2013 au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle. Saint-Domingue \u00e9tait aussi le si\u00e8ge de la tradition th\u00e9\u00e2trale la plus consid\u00e9rable des Cara\u00efbes. Cette tradition reste relativement m\u00e9connue de nos jours malgr\u00e9 les excellents travaux d\u2019un petit nombre de chercheurs. Sans ignorer la violence et la cruaut\u00e9 extraordinaires qui caract\u00e9risaient la soci\u00e9t\u00e9 saint-dominguoise contemporaine, ce site et cette base de donn\u00e9es visent \u00e0 faire d\u00e9couvrir la culture riche et vari\u00e9e du th\u00e9\u00e2tre public, dont l\u2019existence est document\u00e9e dans les journaux locaux entre 1764 (date marquant le d\u00e9but de la production imprim\u00e9e locale) et 1791 (date \u00e0 laquelle \u00e9clat\u00e8rent les r\u00e9voltes d\u2019esclaves qui m\u00e8neront \u00e0 la R\u00e9volution ha\u00eftienne), ainsi qu\u2019\u00e0 promouvoir le d\u00e9veloppement de la recherche dans ce domaine. Entre ces dates, une s\u00e9rie de journaux locaux annon\u00e7a les repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales programm\u00e9es dans plusieurs villes \u00e0 Saint-Domingue, notamment au Cap-Fran\u00e7ais (d\u00e9sormais Cap-Ha\u00eftien) et \u00e0 Port-au-Prince. En l\u2019absence de registres ou de livres de comptes, ces annonces parues dans la presse repr\u00e9sentent la source d\u2019information la plus compl\u00e8te sur le th\u00e9\u00e2tre public \u00e0 Saint-Domingue.<\/p>\n<p>La plupart de nos connaissances proviennent de deux journaux (et de leurs variantes) : <em>Les Affiches am\u00e9ricaines<\/em> et sa publication jumelle, <em>le Suppl\u00e9ment Aux Affiches am\u00e9ricaines<\/em>, tous deux consultables en ligne \u00e0 la <a href=\"http:\/\/www.dloc.com\">Biblioth\u00e8que num\u00e9rique des Cara\u00efbes<\/a>, ainsi que dans les collections num\u00e9riques h\u00e9berg\u00e9es par <a href=\"https:\/\/ufdc.ufl.edu\">l\u2019universit\u00e9 de Floride<\/a>. Des journaux suppl\u00e9mentaires furent exploit\u00e9s pour le d\u00e9but et tout particuli\u00e8rement pour la fin de la p\u00e9riode en question, puisqu\u2019une s\u00e9rie de nouvelles publications apparut pendant l\u2019\u00e8re r\u00e9volutionnaire. Ces sources suppl\u00e9mentaires furent consult\u00e9es en ligne (<a href=\"https:\/\/archive.org\">Internet Archive<\/a>) ou sur microfilm \u00e0 la Biblioth\u00e8que nationale de France \u00e0 Paris. Les r\u00e9f\u00e9rences occasionnelles ou sommaires aux repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales qui se trouvent dans d\u2019autres documents contemporains tels les lettres et les m\u00e9moires ne sont pas incorpor\u00e9es dans la base de donn\u00e9es.<\/p>\n<p>Les journaux publi\u00e9s \u00e0 Saint-Domingue documentent la programmation de repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales pour plus de 700 titres diff\u00e9rents, dont certaines repr\u00e9sentations \u00e9taient enti\u00e8rement parl\u00e9es, alors que d\u2019autres \u00e9taient musicales. La majeure partie de ces \u0153uvres furent directement import\u00e9es de France, parfois quelques mois seulement apr\u00e8s leur premi\u00e8re \u00e0 Paris ou ailleurs. De plus, un petit nombre toutefois significatif d\u2019\u0153uvres r\u00e9pertori\u00e9es furent produites par des auteurs vivant \u00e0 Saint-Domingue, parmi lesquels le plus important est un certain \u00ab Cl\u00e9ment \u00bb, dont l\u2019identit\u00e9 compl\u00e8te reste inconnue. L\u2019une des caract\u00e9ristiques les plus fascinantes et originales de la production th\u00e9\u00e2trale \u00e0 Saint-Domingue est la parodie cr\u00e9ole, qui s\u2019inspire d\u2019une \u0153uvre fran\u00e7aise tout en transposant l\u2019intrigue dans la Saint-Domingue contemporaine, met en sc\u00e8ne des personnages noirs et inclut une premi\u00e8re forme de cr\u00e9ole ha\u00eftien dans ses dialogues. <em>Th\u00e9r\u00e8se et Jeannot<\/em> de Cl\u00e9ment constitue le seul exemple restant d\u2019un texte de parodie cr\u00e9ole.<\/p>\n<p>Les repr\u00e9sentations ayant lieu dans les th\u00e9\u00e2tres publics de Saint-Domingue attiraient un m\u00e9lange de spectateurs toutefois s\u00e9gr\u00e9gu\u00e9s, parmi lesquels on pouvait compter un nombre disproportionnellement faible (mais croissant) de gens de couleur libres. Bien que l\u2019on pense habituellement que les personnes en esclavage \u00e9taient officiellement exclues de l\u2019auditoire, l\u2019existence de musiciens esclaves et affranchis qui jouaient parfois dans l\u2019orchestre est attest\u00e9e. Il est en outre probable que des individus en esclavage accompagnaient leurs ma\u00eetres au th\u00e9\u00e2tre, m\u00eame s\u2019ils n\u2019y restaient pas pour la totalit\u00e9 de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Quoique la sc\u00e8ne ait \u00e9t\u00e9 majoritairement blanche, nous connaissons les noms de deux com\u00e9diennes de couleur jouant en solo, et les sources contemporaines sugg\u00e8rent qu\u2019il y en avait sans doute d\u2019autres.<\/p>\n<p>Un \u00e9v\u00e9nement th\u00e9\u00e2tral typique \u00e0 Saint-Domingue incluait deux \u0153uvres et souvent de la musique ou des danses suppl\u00e9mentaires, parfois suivies d\u2019un feu d\u2019artifice et\/ou d\u2019un bal. (Les spectacles n\u2019incluant pas d\u2019\u0153uvres dramatiques nomm\u00e9es, comme les feux d\u2019artifice et les concerts ind\u00e9pendants, sont exclus.) Il est important de souligner que ce qui est document\u00e9 dans la presse locale pourrait ne constituer qu\u2019un faible pourcentage de ce qui \u00e9tait en fait repr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Saint-Domingue, puisqu\u2019il semblerait qu\u2019une grande partie des spectacles offerts aux abonn\u00e9s dans le cadre de la programmation r\u00e9guli\u00e8re n\u2019\u00e9taient pas annonc\u00e9s individuellement (si tant est qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9s) dans les journaux. Un nombre disproportionn\u00e9 des spectacles document\u00e9s ici \u00e9taient des spectacles-b\u00e9n\u00e9fices, mont\u00e9s par des individus entreprenants pour leur propre b\u00e9n\u00e9fice et \u00e0 leur propre compte. Il n\u2019est pas possible de savoir avec certitude dans quelle mesure les spectacles-b\u00e9n\u00e9fices sont globalement repr\u00e9sentatifs de ceux qui \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement offerts aux abonn\u00e9s, dont les d\u00e9tails ont \u00e9t\u00e9 perdus. Cependant, ce qu\u2019il nous est possible de documenter donne une excellente id\u00e9e de la richesse et de la vari\u00e9t\u00e9 de la production th\u00e9\u00e2trale publique dans la colonie de Saint-Domingue. Cette recherche ouvre des perspectives sur l\u2019histoire du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019\u00e8re coloniale, tout en aidant \u00e0 cr\u00e9er un espace pour l\u2019existence d\u2019une tradition th\u00e9\u00e2trale cr\u00e9ole (c\u2019est-\u00e0-dire locale) en \u00e9mergence. Les utilisateurs de ce site trouveront des renseignements suppl\u00e9mentaires sur tous les aspects du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Saint-Domingue dans les ouvrages r\u00e9pertori\u00e9s dans la <a href=\"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/fr\/bibliographie\/\">bibliographie<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019ancienne colonie fran\u00e7aise de Saint-Domingue (dans l\u2019actuelle Ha\u00efti) fut l\u2019une des colonies carib\u00e9ennes les plus brutales \u2013 et les plus lucratives \u2013 au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle. Saint-Domingue \u00e9tait aussi le si\u00e8ge de la tradition th\u00e9\u00e2trale la plus consid\u00e9rable des Cara\u00efbes. Cette tradition reste relativement m\u00e9connue de nos jours malgr\u00e9 les excellents travaux d\u2019un petit nombre de&#8230; <a href=\"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/fr\/accueil\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">introduction<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-46","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=46"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":244,"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/46\/revisions\/244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.theatreinsaintdomingue.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=46"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}